Par pitié, arrête!

Publié le 07/05/2014 à 21h39 (mise à jour le 07/01/2017 à 11h35)

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Vignette

Cette boîte représente deux situations en lien avec l’alimentation/hydratation des personnes âgées.

Situation 1

Qu’en est-il de ce soignant qui force à boire la bénéficiaire de soins (Bds) quitte à la blesser? Est-ce un souci de conscience professionnelle que d’inscrire sur le bilan hydrique 200ml à 10h, 200ml à midi, 200ml à 15h? Ou la vraie conscience professionnelle pour qui c’est de proposer une boisson au goût du Bds, et en cas de refus d’en discuter en équipe afin de trouver une solution autre que le forcing? De plus, il y a un risque de fausse route dont on connait les conséquences (surinfection bronchique, panique, etc…). Quant au traumatisme d’une telle prise en charge, je n’en parle même pas.

Situation 2

Mme X, 85 ans a pris du poids. Un ou des décisionnaires pensent que si cela continue, cette personne ne pourra plus être mobilisée et qu’il faut donc la mettre au régime. Quand je dis régime, je sous-entends, priver de dessert, de la tranche de pain qui accompagnait chaque repas. Il existe même, cela est difficile à croire, une privation de la soupe, qui cela-dit en passant, est une source de fibres et donc très bonne pour le transit souvent lent chez bons nombres de Bds. Faudra-t-il alors augmenter les laxatifs???

Le plus terrible dans ce genre de prise en charge, c’est lorsque le responsable de ces décisions ne prend même pas la peine de communiquer avec le bénéficiaire de soins qui ne peut comprendre ou qui n’accepte pas cette différence par rapport à ses voisins de table…L’ordre est généralisé et tout le monde obéi à ces restrictions poussant ainsi des soignant.e.s à tricher comme dans une cour d’école lorsqu’ils avaient 10ans…(en donnant par exemple un dessert, du pain ou une repasse de pâtes en cachette).

Comment cela ne pourrait-il pas entrainer des réactions défensives interprétées comme de l’agressivité? Et là encore, on retrouvera comme objectif prioritaire (ou plutôt secondaire au régime, le CADRAGE du bénéficiaire de soins.


Webmestre éditorial              Sophie Lattion, présidente de l’association.


Qui est ce cerveau cognitif? Qui est le cerveau émotionnel?

Publié le 07/05/2014 à 21h39 (mise à jour le 07/01/2017 à 11h37)

Le cerveau cognitif est représenté par l’ensemble du cortex cérébral, situé à la surface du cerveau.

Le cerveau émotionnel est situé au niveau du diencéphale, du système limbique. Le système limbique fait intervenir différents centres nerveux dont:

  • L’hypothalamus: il contrôle entre autre le système endocrinien, ortho et parasympathique, le cycle reproducteur… Il entre dans le contrôle des comportements instinctifs.
  • L’hippocampe: il s’agit du centre de la mémoire. Il transfert les informations de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme et associe le souvenir à une émotion.
  • L’amygdale: il est impliqué dans les comportements d’insertion sociale d’un individu dans un groupe.

Ces différentes structures sont elles-mêmes connectées aux:

img4940f53203cc2Systèmes ortho et parasympathiques: ces systèmes activent ou freinent les sensations physiques ressenties lors d’émotions intenses.
Le cortex préfrontal (cortex associatif): il est le siège des émotions, de la pensée. Il sera mobilisé afin d’attribuer du sens, une signification à une information.
Par ailleurs, les émotions doivent être modulées par une analyse rationnelle dont est chargée le cerveau cognitif. Sans réflexion, concentration, planification, nous serions ballotés entre les aléas du plaisir et de la frustration donnant lieu à des comportements inadaptés à l’environnement.1

Enfin, le cortex cingulaire lié au système limbique relie les émotions et la douleur.

Relation corps et cerveau émotionnel

Les viscères communiquent directement avec l’hypothalamus et les structures qui y sont liées. En agissant sur le corps, on peut agir sur le cerveau émotionnel et par conséquent gérer ses émotions et contrôler la physiologie du corps (cœur, respiration, appétit, sommeil, libido…).

Relation langage et cerveau cognitif

Le cerveau cognitif contrôle la pensée, le langage, l’abstraction, le raisonnement. Le cortex préfrontal contrôle l’attention, la concentration, la planification, l’inhibition sociale et tout ce qui a attrait avec la notion de morale, de respect…
Toutefois, le cerveau cognitif aura une influence limitée sur le cerveau émotionnel.
Le cerveau cognitif et le cerveau émotionnel perçoivent l’information provenant du monde extérieur pratiquement en même temps. Ils peuvent alors coopérer ou se disputer le contrôle de la pensée, des émotions et du comportement. Toute forme de compétions entre le cerveau cognitif et le cerveau émotionnel va être ressenti comme un mal être. Par contre, lorsque les deux cerveaux se complètent, l’un pour donner un sens à ce que nous vivons (cerveau émotionnel), l’autre pour avancer de la manière la plus intelligente qui soit (cerveau cognitif), nous ressentons une harmonie intérieure, un véritable bien être.

Le court circuit émotionnel

Le cerveau émotionnel a la charge de surveiller l’environnement en arrière plan. Lorsqu’il détecte un danger ou une opportunité exceptionnelle, il déclenche une alarme qui annule en quelques millisecondes toutes les opérations du cerveau cognitif et interrompt son activité. Cette alarme part de la formation réticulée (lieu de mélange et de tri de toutes les informations reçues). Si l’information ne présente pas d’intérêt, elle sera inhibée. Par contre, les informations importantes seront amplifiées et, par conséquent, notre attention sera fixée sur elles. Ce fonctionnement permet au cerveau de se concentrer sur ce qui est essentiel à sa survie.
Une équipe de chercheur a montré que, sous l’effet d’un stress important, le cortex préfrontal ne répond plus et perd sa capacité à guider notre comportement. De ce fait, ce sont les réflexes et les réactions instinctives qui vont guider nos actions.

L’étouffement cognitif

Le cerveau cognitif contrôle nos émotions avant qu’elles deviennent disproportionnées. Une étude par imagerie fonctionnelle montre que, lorsque nous regardons des images pénibles, notre cerveau émotionnel réagit immédiatement. Toutefois, si on fait l’effort de se raisonner, ce sont les régions corticales que l’on voit prendre le dessus; elles vont inhiber le cerveau émotionnel.
Dans certains cas problématiques, le cerveau cognitif étouffe littéralement le cerveau émotionnel, rendant la personne insensible; elle n’est plus réceptive aux signaux d’urgence envoyés par le cerveau émotionnel. Malheureusement, ce n’est pas parce qu’on se rend aveugle à une détresse que celle-ci n’existe pas. Les personnes vont alors présenter différents symptômes bien connus en lien avec les maladies liées au stress: fatigue excessive, anxiété, tachycardie, hypertension, troubles digestifs, infections à répétition, infertilité, problème de peau…

Exemple: émotion et motricité intestinale

Le noyau dorso latéral de l’hypothalamus active la prise de nourriture et la motricité du colon ce qui explique que la prise de nourriture s’accompagne de défécation. On parle alors de réflexe gastrocolique. Souvent, lorsqu’une personne est constipée, on va lui réapprendre à manger pour stimuler le réflexe gastrocolique (manger peu le soir et beaucoup le matin et aller aux toilettes systématiquement après avoir mangé).
Par opposition, le noyau ventrolatéral de l’hypothalamus est impliqué dans les comportements de défense et il bloque la prise de nourriture (centre de la satiété), bloque la motricité du colon.
L’étroite proximité, voire le chevauchement des aires hippocampique qui contrôlent à la fois la motricité de l’intestin, la consommation de nourriture et les réactions comportementales face à l’environnement explique l’incidence du stress (cerveau émotionnel) sur l’activité motrice intestinale.


Auteur

Par Marlène FOUCHEY, Cours de master 1 de pharmacologie, Université de Savoie, recherches personnelles

Source d’informations consultées sur Source http://psychologie-m-fouchey.psyblogs.net/?post/439-Bases-bio-psycho-physiologie-de-la-somatopsychie